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  • Rédacteur Agoravox

14 octobre 2008

FRANÇOIS BOZIZE A M’BAÏKI

Bokassa-medailles Un Chef d’Etat en exercice qui demande une messe d’action de grâce pour le repos des âmes des anciens présidents décédés, c’est du jamais vu. Le président de la République Chef de l’Etat, le général François Bozizé, à l’occasion de la célébration du 48è anniversaire de la proclamation de l’indépendance de la République Centrafricaine, a assisté à la Cathédrale Sainte Jeanne d’Arc de M’Baïki le Dimanche 10 Août 2008, a une messe d’action de grâce, célébrée pour le repos des âmes des présidents Barthélemy Boganda, David Dacko et Jean Bedel Bokassa.

La célébration a été officiée par l’Abbé Didier Eric Koyanga, qui a rappelé l’importance de l’événement qui mérite d’être soulignée. Le célébrant dans son homélie a déclaré à l’assistance que dans notre vie humaine, nous ne devons jamais oublier les actes probants que les autres hommes comme nous ont posés de leurs vivants. Ce n’est pas parce que l’homme a eu des conduites sujettes à critique, que nous ne pouvons pas prier pour eux… Puis l’Abbé Koyanga a mis un accent sur la lutte que Barthélemy Boganda, en tant que premier prêtre de notre pays, avait menée pour le bien-être du peuple centrafricain et pour sa libération. Il en est de même pour Jean-Bedel Bokassa, qui au pouvoir était un bâtisseur. Il aimait bien copié l’exemple de ce qui se faisait de bien sous d’autres cieux. Selon l’officiant, Bokassa avait appris aux centrafricains à être vigilant et éveillé, pour ne pas être la risée des autres peuples.

David Dacko, selon l’Abbé Didier Eric Koyanga a fortement milité pour la paix et l’unité de la République Centrafricaine. Il a ensuite remercié Dieu pour nous avoir doté de dirigeants qui ont marqué l’histoire de ce pays de leur empreinte.

Une leçon d’amour
S’adressant à l’assistance, le Président de la République le Général François Bozizé a déclaré que les participants à cette célébration eucharistique connaissent le mobile de sa présence parmi eux. Il a remercié le célébrant et loué l’homélie qui a retracé les œuvres des grandes figures historiques, qui ont eu à présider aux destinées de notre pays. Il a invité l’assistance à réfléchir sur les propos de l’Abbé Didier Eric Koyanga. Le Chef de l’Etat a également marqué sa gratitude à l’évêque du diocèse de Mbaïki, présent à cette messe d’action de grâce pour le repos des âmes de Barthélemy Boganda, David Dacko et Jean Bedel Bokassa. Il a invité le public à ne pas les oublier dans les prières, car eux aussi ont contribué à bâtir la République Centrafricaine. François Bozizé a aussi brièvement rappelé l’œuvre de ces illustres prédécesseurs dont les amies doivent reposer en paix, pour que leur sagesse inculque l’esprit de paix aux Centrafricains afin que notre pays retrouve son renom d’autant.
Par la célébration de cette messe d’action de grâce en l’honneur des anciens présidents Barthélemy Boganda, David Dacko et Jean Bedel, le Chef de l’Etat a voulu à la veille de la fête de l’indépendance donner une leçon d’amour et d’humilité à ces concitoyens.

Mardi 12 Août 2008
John Smith
note prise sur le site Le Confident . net Cliquez ici

31 mars 2008

République Centrafricaine : anatomie d’un État fantôme

Archives La République centrafricaine est pire qu’un État failli : elle est quasiment devenue un État fantôme, ayant perdu toute capacité institutionnelle significative, du moins depuis la chute de l’Empereur Bokassa en 1979. Le déploiement des forces de l’Union Européenne (EU) et des Nations unies (EUFOR et MINURCAT) récemment approuvé, et qui vient appuyer les efforts de l’Union africaine (UA) et de l’ONU au Darfour, peut contribuer de manière importante à aider la RCA à entamer son long et lent processus de rétablissement. Mais pour ce faire, elles devront trouver les moyens d’utiliser au mieux les capacités et l’influence de l’ancienne puissance coloniale, la France, sans servir tout simplement de couverture internationale à la perpétuation de sa domination.

 

La RCA est officiellement indépendante depuis presqu’un demi siècle, mais son gouvernement n’a connu un premier semblant de légitimité populaire qu’à la suite des élections libres de 1993. Très vite, le processus de démocratisation périclita alors en raison de divisions communautaires instrumentalisées entre les populations du fleuve et celles de la savane, menant finalement à la guerre civile. Suite à une succession de mutineries et de rebellions qui ont engendré une crise permanente, le gouvernement a perdu son monopole de l’usage légitime de la violence. Les troupes étrangères ont contribué à contenir la violence dans la capitale, Bangui, mais le nord du pays reste dans un état d’insécurité permanent, de dénuement et de misère.

 

En privatisant l’État pour leur seul bénéfice, les leaders centafricains réussissent à prospérer, tout en usant de la répression pour garantir leur impunité. Francois Bozizé a été mis au pouvoir en 2003 par la France et le Tchad et a été démocratiquement élu deux ans plus tard, mais comme son prédécesseur, Ange-Félix Patassé, il a nourri un état de rebellion permanent aux conséquences humanitaires désastreuses. Depuis l’été 2005, l’armée et plus particulièrement la Garde présidentielle – essentiellement une milice tribale – ont usé systématiquement d’une violence indiscriminée dans les bastions nord-ouest de Patassé. Des centaines d’individus ont été éxécutés sommairement et des miliers de maisons ont été incendiées. Au moins 100 000 personnes ont fui dans la forêt où elles sont exposées aux intempéries.

 

La force de maintien de la paix de l’UE, mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU pour aider à sécuriser le Darfour, devrait être déployée début 2008 dans le nord-est de la RCA et à l’est du Tchad. L’initiative de cette opération est venue de la France, qui a persuadé ses partenaires d’empêcher que le conflit qui ravage l’est du Soudan ne s’étende au-delà de ses frontières, en venant compléter au Tchad et en RCA les efforts de la mission hybride UA/NU au Darfour.

 

À l’instar du Darfour, la province centrafricaine de la Vakaga est une région géographiquement reculée, historiquement marginalisée et, par dessus tout, négligée par une administration centrale dont la seule réponse à l’agitation politique a été une réponse sécuritaire. Dans un effort d’endiguement de la crise au Darfour, la communauté internationale risque d’exonérer le régime de Bozizé de ses responsabilités et d’entretenir le cycle de l’instabilité actuel en RCA.

 

Le déploiement de l’UE devra assumer un lourd fardeau post-colonial. Tout comme au Tchad, la France, en tant qu’ancienne puissance coloniale, est à la fois la mieux et la moins bien placée pour intervenir en RCA : la moins bien placée en raison de son ingérence quasi permanente dans le pays depuis l’indépendance et la mieux placée parce qu’elle possède aussi bien la volonté que les moyens d’agir. Comme Paris fournira l’essentiel des troupes de l’EUFOR, cette nouvelle intervention est largement perçue comme un simple changement d’écusson et de casque qui confèrera au rôle militaire de la France en Centrafrique une plus grande légitimité internationale. L’EUFOR pourrait néanmoins contribuer de manière significative, si elle mène à bien la réforme indispensable de l’armée centrafricaine et si elle s’accompagne d’une véritable stratégie européenne à sortir la Centrafrique de sa misère politique, économique et sécuritaire.

 

Pour résoudre les nombreux problèmes structurels de la RCA, il est cependant essentiel que tous les acteurs s’y engagent : le gouvernement de Bangui, les mouvements rebelles, les organes régionaux africains et le Conseil de sécurité, ainsi que l’UE et la France. Il s’agit peut-être de la dernière chance dont dispose la RCA pour briser son statut d’État fantôme avant que le simulacre d’indépendance et de souveraineté actuel ne disparaisse définitivement dans le cercle vicieux des violences et de la paupérisation dont le pays est prisonnier.

 

Ce rapport de fond est le premier sur la RCA publié par Crisis Group et pose les fondations des analyses futures qui seront centrées sur des questions spécifiques.

 

Nairobi/Bruxelles, le 13 décembre 2007

International Crisis Group

Rapport Afrique N°136
13 décembre 2007

Téléchargement 136_republique_centrafricaine___anatomie_d_un_etat_fantome_web.pdf


08 novembre 2007

Bangui redevient 'la coquette' !

Banguiileprojet Le président centrafricain François Bozizé a posé lundi sur une île située face à Bangui la première pierre d'un vaste complexe immobilier qui comprendra des logements, des hôtels de luxe, un hôpital et un centre commercial, a rapporté mardi la radio nationale.
Baptisé "Cité kwa na kwa", du nom de la devise du chef de l'Etat qui signifie "le travail, rien que le travail", ce complexe d'un coût estimé à 300 milliards de francs CFA (environ 450 millions d'euros) sera bâti par des investisseurs du Golfe, notamment d'Arabie saoudite et de Bahreïn.
La maquette comprend des logements, un hôpital, trois hôtels, un centre commercial, des banques, des bourses de diamants, des centres de loisirs et d'affaires, des écoles, un commissariat de police ainsi que des casernes de gendarmes et de pompiers. La cité doit voir le jour sur l'île Bongo Soua, où "île aux singes", au milieu du fleuve Oubangui qui sépare la Centrafrique de la République démocratique du Congo. Cette île, jusqu'ici très peu bâtie, n'est reliée à la capitale centrafricaine que par bateau.
La société privée Centrafricaine de développement et d'investissements (CDI) a été chargée de l'exécution des travaux, qui pourraient durer 4 à 5 ans, selon la ministre du Tourisme Yvonne Mboissona. "La faible capacité des hôtels en République centrafricaine ne permet pas d'accueillir des visiteurs ou d'abriter des conférences internationales", a souligné la ministre.
Jadis surnommée "Bangui la coquette", la ville n'a pas connu de réalisations majeures en matière d'infrastructures depuis le règne de feu l'empereur Bokassa Ier, de 1965 à 1979.

Source de la note : BatiWeb

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