A Hardricourt, la Jaguar de Catherine est parquée dans la cour. Martine frappe à la porte de la chambre de sa belle-mère. Personne ne répond. Elle frappe plus fort, franchit le seuil. Volets fermés, la pièce est plongée dans l’obscurité. Elle trouve l’interrupteur à tâtons. La lumière l’éblouit, en même temps qu’elle éclaire des milliers d’objets précieux épars dans la pièce. Des flots d’objets en or et en diamants, des montres de grands créateurs, des bijoux sertis des pierres les plus précieuses… Ces malles sont remplies des joyaux de la famille. Ses pensées se bousculent, le souvenir de la disparition de ses cadeaux de mariage lui revient en mémoire. Catherine a quitté la Centrafrique depuis un mois. Pourquoi avoir emporté ce trésor de guerre ! Elle se remémore la phrase de Catherine : « Ils ont tenu parole, il est en vie ! » devant le journal télévisé annonçant le coup d’état.
« Maman Catherine ! Je ne vous
avais pas entendu arriver », s’exclame Martine, décidée à obtenir des explications de sa belle mère.
Catherine sourit lorsque Martine lui demande pourquoi toutes ces malles. Elle
n’éprouve aucune honte à avouer que non seulement elle était au courant de
tout, mais qu’elle a, en quelque sorte, participé à la chute de Jean-Bedel.
Jean-Bedel Bokassa le rapportera plus tard dans "La Manipulation" de R. Delpey : « L’impératrice
s’est alors libérée en racontant comment l’affaire avait été préparée par le
président. Elle a tout expliqué à Martine (…) Vous vous souvenez que
l’impératrice était en France ; qu’elle y avait été invitée officiellement
par Valéry Giscard d’Estaing au moment de la conférence de Kigali. Je connais
maintenant le motif de cette invitation… Valéry Giscard d’Estaing a fait
comprendre à l’impératrice qu’il avait besoin d’elle pour que tout se passe le
mieux possible. En contrepartie, il s’est engagé à lui faire obtenir un certain
nombre d’avantages et privilèges… Bien entendu, elle a dû promettre de ne pas
me prévenir de ce qui était préparé contre moi ».
Martine est mortifiée.
Constantin a tout entendu. Il s’est eclipsé pour revenir un révolver à la
main.
« Ne la tuez pas. Je ne veux pas être
complice de ce meurtre. J’ai déjà assez de soucis comme ça »,





