Les joyaux de la couronne ont
été confectionnés par Claude Arthus-Bertrand, le joaillier attitré de Bokassa.
À elle seule, la couronne posséde 7 000 carats de diamants, dont un,
énorme, de 60 carats (l’un des plus gros au monde) ! Le diadème de
l’empereur et celui de l’impératrice sont en or pur. Quant au sceptre, il est
fait de pierres précieuses, mélangées à de l’or fin. Estimation de
l’ensemble : 8 millions de francs.
La confection des six tenues (dont
une robe en organza à traîne, rebrodée de perles de Chine, et un manteau de
velours rouge, brodé d’or) et des chaussures de l’impératrice, ornées de rubis,
ont été confiées au styliste Olivier Brice et à la maison Lanvin. Pour
l’empereur, les chaussures, brodées de perles de culture et de fils d’or, et les
douze tenues du sacre (dont une aube, rebrodée de feuilles de laurier en Cornely
et d’une bande d’hermine) ont été dessinées et créées par Pierre Cardin. Coût
de la garde-robe impériale pour 18 tenues et quelques accessoires : 2 millions
de francs. La fabrication du trône impérial a été confiée à Olivier Brice
(également sculpteur).
À l’évidence, les meilleurs
artisans français ont été réunis pour faire briller la Centrafrique aux quatre
coins du monde ! Pour la réalisation du sacre, chacun y a mis du sien.
Jean-Pierre Dupont (un ami de François Giscard d’Estaing, présenté par ce
dernier à Bokassa) a débloqué des fonds auprès de la France. Quant à François
Giscard d’Estaing, il a, entre autres, permis l’ouverture d’un compte spécial
pour le sacre à la BFCE (établissement dont il est directeur). Pour sa part, le
ministère de la Coopération française a consenti un prêt de 4 millions de
francs. Informé de chaque détail au jour le jour, Valéry Giscard d’Estaing
supervise le bon déroulement des évènements à distance, rue du Faubourg-Saint-Honoré.
Grâce au soutien de l’Élysée, les frais du couronnement ont été moins élevés
que prévu.
À 9 h 30 précises, les 32 chevaux
blancs de la cavalerie donnent le départ du cortège. La foule émerveillée
regarde partir les calèches impériales, marquées des initiales « B »
inscrites en lettres d’or qui, sous les reflets du soleil, brillent de mille
feux. Un spectacle qui ne laisse pas indifférent. Le « peuple » reste
bouche bée.
Sur le chemin du cortège, à
chaque rue, c’est l’effervescence. Les gens dansent, chantent et crient : « Bokassa papa, Bokassa mama. »
L’atmosphère est euphorique, survoltée, endiablée. Un vrai jour de fête. À la
vitesse des chevaux, des visages inconnus défilent par centaines sous nos yeux.
Le cortège passe par l’avenue Valéry-Giscard-d’Estaing, dépasse les arbres, les
bâtisses rénovées, puis roule sous un arc de Triomphe (au total, Bokassa en a
fait ériger trois, en hommage à la France, sa terre d’adoption). Peu à peu nous
approchons de notre point de chute.






