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  • Rédacteur Agoravox

20 janvier 2008

Le New York Times traite de la véritable histoire de Jean-Bedel Bokassa

Commentaire d'olivier Keravel

Le New York Times dans son célèbre site internet, remet à la une un article en date du 2 juin 1996 (Jean-Bedel Bokassa était encore vivant) signé par Howard W. French.

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Article très intéressant car le niveau d'information de l'auteur est excellent (compte tenu de sa date de parution). Depuis, l'eau a coulé sur les ponts et de nombreux éléments sont venus précisés certaines points essentiels, comme les soi disant "émeutes estudiantines", la culpabilité de Bokassa dans le traitement de ses émeutes, etc.

Le plus important reste le fait qu'en 1996, les lecteurs américains bénéficient d'une information en adéquation avec la réalité des faits. Cet aspect reste fondamental si on juge, en comparaison, la situation française où le lecteur est "baladé" et "noyé" dans de multiples considérations secondaires, quand elles ne sont pas tout simplement fausses, avec un art consommé de ménager, voire d'écarter la responsabilité des vrais protagonistes de toute cette affaire...

Jugez par vous même :

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13 août 2007

Bangui, la coquette fille de l'Empereur

  1. La capitale centrafricaine doit ce qui reste de sa splendeur aux années Bokassa.
  2. «Bangui la coquette, ville de pari». Jusqu'à ce jour, il se trouve des «banguissois» pour débattre longuement sur l'orthographe exacte de «pari» tant l'obsession de ressembler à ses «parents» français était grande chez l'empereur, auteur de ce slogan. Jean Bedel Bokassa avait fait le pari d'édifier une capitale à l'image de Paris, à la dimension des plus grandes en Afrique et il s'y est employé. «Bokassa est le bâtisseur de Bangui. C'est lui qui sortait les grandes idées. Tout ce qui est construit au centre-ville c'est Bokassa qui l'a imposé. A chaque fois qu'il visitait un pays et qu'il était impressionné par quelque chose, il avait à coeur de la reproduire à Bangui et me demandait est-ce qu'on peut faire çà chez nous?», se rappelle Fred-Patrice Zemoniako Liblakenze, ancien maire de Bangui, qui présente Bokassa comme «le grand inspecteur municipal». Ceci parce que dès qu'il rejoignait la capitale suite à un voyage à l'étranger, un séjour à Berengo ou un voyage à l'intérieur du pays, celui qui fut tour à tour président, président à vie, maréchal-président à vie puis empereur faisait le tour de la ville même nuitamment pour se faire une idée l'état dans lequel elle était.Bangui2_3

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22 janvier 2007

12° extrait le jugement de Jean-Bedel Bokassa

Justice_1 À peine arrivé à Bangui, mon grand-père est arrêté par le colonel Jean-Claude Mantion. Celui-ci est une sorte de pro-consul (de la DGSE) placé en Centrafrique par la France pour « protéger » Dacko avant qu’il ne se fasse renverser par Kolingba qui fait du colonel son premier conseiller en tout. En France, la cohabitation politique entre les deux plus fins limiers de la République française, François Mitterrand et Jacques Chirac, bat son plein. Le premier téléphone à Kolingba pour l’assurer de son soutien et lui dire qu’il n’était pas au courant du projet de Bokassa de revenir dans son pays. Le second appelle le colonel Mantion pour être certain que Bokassa est bien traité. L’Élysée comme Matigon sont furieux contre les services en charge de la surveillance d’Hardricourt qui ont laissé filer Bokassa. Chacun s’interroge sur les arrière-pensées d’un tel acte et sur les vrais soutiens de l’ex-empereur, dans une période de cohabitation où la suspicion est la règle. Ni Mitterrand ni Chirac ne sous-estiment Bokassa qui a plus que prouvé dans le passé sa ténacité à occuper la scène politique française et centrafricaine.

André Kolingba n’est pas embarrassé par l’arrivée de Bokassa à Bangui. Il annonce qu’il sera rejugé lors d’un procès public, juste et équitable. Il s’agit d’une première en Afrique où aucun chef d’État n’a jamais répondu de ses actes devant la justice.

Le procès est prévu pour le 26 novembre 1986. Avant que le procès soit renvoyé pour supplément d’informations le 15 décembre, mon grand-père a le temps de faire une déclaration publique à la fois sereine et sobre : « En 1979, Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la République française, a détourné l’armée française de son devoir, organisant un coup d’État qui a violé la souveraineté nationale de mon pays. Pour justifier cet acte contraire au droit international, il a orchestré une campagne de désinformation et de manipulation. On m’a présenté comme un cannibale, un assassin, un voleur, un traître à la patrie. Durant mon exil, j’ai toujours réclamé un procès juste et équitable, pour que la vérité éclate. »

Non seulement mon grand-père a la parole facile, ce qui est somme toute normal pour un chef d’État. Mais il a également le sens de la synthèse ! Dès le 15 décembre, date de la réouverture de son procès public, il va faire montre d’un sens inouï de la répartie. Le public, extrêmement nombreux à suivre les débats, en plus de la presse internationale, se prend de sympathie pour la franchise d’un homme qui, aux yeux de tous, avoue ses pleines responsabilités dans une bonne partie des faits qui lui sont reprochés. Le colonel Mantion se prendra d’amitié pour cet homme qui n’a plus rien à perdre sinon la vie ! Chaque soir après les débats, ils commentent ensemble la façon dont ceux-ci se sont déroulés. Mon grand-père n’a certes pas été un exemple de démocratie, ni de justice pour ses opposants politiques. Il est le premier à le reconnaître. Simplement. Directement. Sans la moindre ambiguïté (2).

Le verdict est annoncé le 13 juin 1987 : il reste impassible, sans la moindre réaction lorsqu’il entend sa condamnation à mort. La mort de vingt opposants politiques et le détournement de l’argent public constituent les deux chefs d’accusation que la Cour lui adresse. On lui attribue également la mort des enfants (en avril 1979), ce malgré un témoignage qui le déchargeait de toute responsabilité. La Cour de cassation rejette le pourvoi posé par ses avocats. De nombreux chefs d’États africains appellent le général Kolingba afin d’obtenir sa grâce, qui lui sera finalement accordée (sans libération immédiate) le 1er mars.

Paris, via le colonel Mantion, a bien conseillé l’ex-empereur et ses avocats.

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