
Interview de Jean-Barthélémy Bokassa
Vous êtes né en Centrafrique, dans le palais de votre grand-père, quel souvenir conservez-vous de lui?
JBB : Je suis né le 30 août de l'année 1974 au palais familial de Bangui, d'un père médecin, Jean-Bruno Dédéavode et d'une mère restauratrice et femme d'affaires, Martine Bokassa. Cette venue au monde fait de moi le 1er petit-fils de l'ex empereur Jean-Bedel Bokassa, ma mère, la princesse Martine étant elle-même la 1ère fille de mon grand-père mais son 2e enfant (George Bokassa étant l'aîné). Je conserve d'excellents souvenirs de mon grand-père. Il était aimant et protocolaire. Avec ma soeur, Marie-Catherine et mon frère Gilles, on le vouvoyait. Ma mère le vouvoyait également, c'était ainsi. C'était le protocole. Chaque vacances scolaire, chaque Noël, on lui rendait visite au château d'Hardricourt, sa demeure principale. Les Noëls étaient magiques, dans le hall du château, le sapin immense, cerné de cadeaux, allait jusqu'au 8e étage et du haut de mes huit, neuf, dix, onze et douze ans, j'étais impressionné et à la fois émerveillé. Le rituel était le suivant, toute la journée grand-père travaillait et recevait les personnalités dans le salon privé et à partir de 18h, on le voyait et il partageait son temps libre avec nous. Il se préoccupait de notre bien-être mais également de notre scolarité. Ces enfants, mes oncles et tantes étaient étudiants à Oxford, l'Ecole des Roches, et à Beau Soleil (en Suisse). La notion de famille lui était très importante, même sacrée et lorsqu'on le retrouvait tous à chaque vacances, il était l'homme le plus heureux. En tant que 1er petit-fils, il m'avait donné mon prénom, Jean comme lui, et Barthélémy en hommage à son oncle Barthélémy Bogonda, le fondateur de la Centrafrique. Je conserve en particulier le souvenir d'un grand-père travailleur.
Quel souvenir conservez-vous de votre père Jean-Bruno Dédéavode, ministre de la santé de l'Empire?
JBB : Je conserve le souvenir d'un père exifent, généreux et raffiné. Il était fils unique et avait été élevé dans la rigeur pour devenir médecin, puis cardiologue en 1973. Il a étudié la médecine à l'université de Nantes et travaillé à l'hôpital de Bangui avant de devenir ministre de la santé en 1977. Sa générosité s'exprimait au travers de son métier, et de ce besoin de soigner les plus déminis. Lorsqu'il a été frappé par la mort, j'étais un enfant de 6 ans, mais je garde le souvenir d'un homme élégant et distingué. Mon père fut le 1er amour de ma mère, ils se sont rencontrés en 1972, 2 ans après son arrivée de Saïgon et se sont mariés le 30 janvier 1973 devant monsieur le maire ainsi que leurs témoins de mariage, le Président Félix Houphouët-Boigny et le roi Hassan II. En plus d'être un père protecteur, il aimait gâter ses enfants. Je me souviens qu'il m'avait offert un animal en guise de cadeau pour mes 4 ans, il s'agissait d'une bichequi avait pris ses marques dans notre jardin familial.